Difficile de ne pas succomber au charme de cette commune de 4 000 hectares, située dans un écrin de verdure et bordée par le Blavet et la Ria d’Etel.


Les milieux naturels de Kervignac sont variés, grâce en particulier à la présence de l'estuaire du Blavet.

Le taux de boisement, d'environ 20 %, est supérieur à la moyenne départementale (16 %). Les bois sont répartis de façon assez homogène sur le territoire, mais le plus souvent sous la forme de petits massifs discontinus de 5 à 20 ha. L'abondance des bois sur un territoire peu accidenté et a priori relativement favorable à l'agriculture est assez surprenante. Dans le sud de la commune, l'explication pourrait résider dans la pédologie, l'important développement des sols argileux ayant pu favoriser successivement la forêt, puis la lande au 19ème siècle, puis un retour récent vers le boisement.

Les deux principaux massifs boisés se situent :

  • au nord du centre-ville, de part et d'autre de la route départementale 9 (route d'Hennebont), sur un plateau séparant les bassins versants du Blavet et de la rivière d'Etel. Il s'agit d'un mélange de résineux (pin maritime, sapins...) et de feuillus indigènes (chênes pédonculés et châtaigniers principalement) localement associés à une lande à ajonc et molinie, indicatrice d'un sol pauvre. Ce massif, très éprouvé par l'ouragan de 1987, couvre environ 120 ha.
  • en bordure de l'estuaire du Blavet, de la limite d'Hennebont au Pont du Bonhomme (85 ha). Cet ensemble très hétérogène comporte une partie centrale, autour du château de Locguénolé, affectée à l'agrément, avec de beaux arbres et des essences introduites. L'essentiel des boisements est à base de chênes pédonculés, hêtres et châtaigniers, avec une proportion variable de résineux. Certains peuplements sont très anciens et renferment des sujets spectaculaires par leurs dimensions.

Les landes ont beaucoup régressé, et se réduisent à de petites taches relictuelles sur des pointements rocheux en bordure du Blavet à l'amont du château de Locguénolé, ainsi qu'à des fragments de landes mésophiles à humides en voie d'évolution spontanée vers le boisement, en particulier dans le triangle Kermadio / Manéguen / Brambillec. Ces différents types de landes présentent un intérêt écologique élevé du fait de leur richesse floristique et entomologique.

Le bocage a été en grande partie démantelé lors du remembrement, qui a créé de grandes parcelles géométriques à la place de l'ancien parcellaire irrégulier, bordé de talus et constellé de vergers. Les talus arborés se sont énormément raréfiés et subsistent çà et là, le long des routes ou dans des fonds de vallées. De ce fait, la végétation bocagère des haies et des talus a beaucoup régressé.

Les cours d'eau sont nombreux mais de faible importance. Parmi eux, le ruisseau du moulin de Saint-Georges présente des caractéristiques biologiques a priori intéressantes (sections rapides avec fond sablo-graveleux), mais l'écosystème est très appauvri par la présence de trois retenues (étangs de Coëtrivas, de Rodes et du moulin de Saint-Georges) qui bloquent les échanges biologiques et perturbent les peuplements piscicoles. Le Lézévry et le Riant sont quant à eux très affectés par les étiages estivaux.

Les milieux humides sont variés, avec des vasières saumâtres, un étang à marée, un grand étang d'eau douce (Coëtrivas) qui renferme des espèces végétales intéressantes, de petites landes humides, des prairies humides, des fonds de vallées marécageux... Les chapelets de milieux humides dans les fonds de vallées servent de refuges et de voies de circulation à un grand nombre d'espèces dans un environnement cultivé ou urbanisé. Les milieux humides terrestres ont été inventoriés précisément dans le cadre du PLU, leur superficie totale se monte à environ 650 ha, soit plus de 16 % de la superficie totale de la commune.

L'estuaire du Blavet est une zone importante de production de biomasse qui participe à l'écosystème de la rade de Lorient ; on y trouve entre autres des herbiers à zostères, des crustacés (crabes, crevettes roses et grises...) et diverses espèces de poissons (mulets, bars, plies, etc). Les grandes vasières à l'aval du Pont du Bonhomme constituent une importante zone d'alimentation pour les oiseaux hivernants (grand cormoran, héron cendré, aigrette garzette, grèbes, bernache cravant, tadornes et autres espèces d'anatidés, nombreuses espèces de limicoles, martin-pêcheur, etc). C'est aussi une zone de nidification pour plusieurs couples de tadornes de Belon, un lieu d'alimentation pour des balbuzards pêcheurs en migration, etc. Au plan floristique, on relève la présence, dans le secteur de Locoyarn, du cranson des estuaires (Cochlearia aestuaria), une petite crucifère très rare et protégée au plan national.

Les espèces végétales protégées sur le territoire communal sont au nombre de deux ; outre l'espèce précitée, il existe aussi des peuplements d'asphodèle d'Arrondeau dans les bois et landes proches de l'estuaire du Blavet (notamment vers Tal-Ar-Mor) et de façon sporadique sur des lisières de bois en divers points de ra commune. Cette espèce est localement abondante et vraisemblablement en voie d'expansion, à la faveur d'un moindre entretien des lisières boisées où elle s'installe volontiers.